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Full text of "Extrait des brefs du pape Pie VI sur la constitution du clergé : a l'usage des simples fidèles"

EXTRAIT 

DES BREFS 

DU PAPE PIE VI, 

SUR 

LA CONSTITUTION DU CLERGÉ. 

A l'usage des simples Jidèles. 



A PARIS, 

De l'Imprimerie de CRAPART , Libraire s 
place Saint- Michel. 



7): 



» 7 9 1 



a 



Digitized by the Internet Archive 
in 2013 



http://archive.org/details/extraitdesbrefsdOOcath 



AVERTISSEMENT. 

Les brefs du pape sur la constitution du 
cierge qui, à raison de l'autoriié dont ils 
émanent , méritent notre soumission , con- 
tiennent un corps de doctrine très-précieux - y 
c'est ce qui nous a engagé à en donner un eï 
trait au public. 

Il entroit donc dans notre plan , de placer 
dans un ordre didactique, et d enchaîner en 
quelque sorte, les unes avec les autres, les 
différentes matières que le saint père y a 
traitées, avec autant de dignité que de pro- 
fondeur. 

C et oit -là notre unique tâche > ainsi nous 
n'avons rien ajouté aux raisons employées 
par le pape, et nous nous sommes faits une loi 
de conserver, par-tout, jusqu'à ses propres 
expressions,, Si nous avons omis quelques 
articles , c'est qu'ils étoient étrangers à l'ob- 
jet que nous avions en vue, quoiqu'ils en- 
trassent d'ailleurs dans le plan du'saint père. 

A 3 



C'est sur-tout au bref du 10 Mars 1 791 
dont celui du i3 Avril est le complément, 
que nous nous sommes attachés, parce qu'on 
y trouve une discussion plus détaillée et plus 
approfondie de la constitution du clergé: aussi 
est -il le seul dont les passages ne soient pas 
cités à la marge. 

La constitution du clergé , pouvant être 
considérée, ou en général, ou dans l'autorité 
d'où elle est émanée , ou dans les diflérens ar- 
ticles qui la composent , ou dans le serment 
de la maintenir , ou enfin dans l'intrusion et 
le schisme qui en sont les suites^ c'est sous 
ces points de vue que nous avons envisagé les 
brefs de Pie VI, et nous'en avons entrait ce 
qui est relatif à ces différens objets. 



EXTRAIT 

DES BREFS 

DUPAPEPIEVI, 

SUR 

LA CONSTITUTION DU CLERGÉ. 



Depuis le moment où la renommée apprit au saint 
pere les premières atteintes portées à la religion ca- 
tholique par les décrets de rassemblée nationale de 
France, son cœur, comme il le dit lui-même , fut pé- 
nétré d'une douleur profonde , qu'aucune consolation 
ne pourra jamais adoucir. 

Craignant d'occasionner encore de plus grands ex- 
cès , il résolut d'abord de garder le silence; mais se» 
paroles s'adressèrent à Dieu ; il ordonna des prières 
publiques, et assembla, en consistoire, le 2.3 du mois 
de Mars de l'année dernière, les cardinaux de la sainte 
église romaine , pour épancher sa douleur dans leur 
sein. 

Il écrivit aussi , quelque tems après ^ aux archevê- 
ques de Bordeaux et de Vienne , en date îles 8 et 9 
Juillet 1790 , pour les avertir de leur devoir. 

Pendant qu'il se livroit à cis soins, une nouvelle 
plus désolante encore vint le frapper; la constitution 
civile du clergé décrétée par l'assemblée nationale. 

, a 3 



(6) 

11 étoit au plus fort de sa douleur, lorsque, vers la 
jfin du mois d'Août , il reçut une lettre du roi , dans la* 
quelle il le pressoit , avec beaucoup d'instances , de con- 
firmer par son autorité, du moins provisoirement , 
cinq articles décrétés et revêtus de la sanction royale. 

(Quoiqu'ils lui parussent contrair s aux canons, ce- 
pendant, par égard pour le roi, le pape crut devoir 
user de ménagement. Sa réponse fut qu'il soumettroit 
ces articles à une congrégation de vingt cardinaux, 
dont il se feroit remettre les opinions par écrit , pour 
les examiner lui-même à loisir, et les peser avec toute 
la maturité qu'exigeoit une affaire aussi grave. 

Dans une lettre plus particulière, il prie le roi d'en- 
gager lui-même tous les évéques de son royaume a lui 
faire connoître leurs sentimens avec confiance, et à 
communiquer an saint siège le parti qu'ils seroient 
convenus de prendre , en l'instruisant de tout ce que la 
distance des lieux déroboit à sa connoissance. 

Le roi lui ayant écrit une nouvelle lettre, pour le 
prier de confirmer provisoirement sept autres articles 
semblables aux premiers, et lui faire part du cruel 
embarras où le jettoitla sanction qu'on le pressoit de 
llouner au décret du ij Novembre ; le saint père répon- 
dit qu'il ne publieroit point son jugement sur ces arti- 
cles, avant que la majorité des évêques lui eut donné 
un exposé clair et distinct de leurs avis, de leurs sen- 
timens et de leurs résolutions ; et il exhorta le roi à re- 
fuser sa sanction. 

Il étoit cependant parvenu au pape une exposition des 
sentimens des évêques sur la constitution du clergé , 
dont le préambule présente un extrait de plusieurs dé- 
crets de l'assemblée , accompagnés de réflexions qui en 
font connoître l'irrégularité et le venin. 

Enfin le 10 Mars I79Î , le pape a adressé aux évê- 
ques de l'assemblée une lettre en ferme de bref, qui 
vient d'être publiée ; et, peu de jours après, a été pu- 
blié aussi un autre bref, en date du 13 Avril, lequel 
est adressé aux cardinaux , archevêques, évêques , au 
cleiT.t et au peuple de France». 

11 en avoit écrit auparavant un à M. l'évêque de Eas- 



/ 



(7) 

àe , en date cîu II Décembre 179O, au sujet tîe la par- 
tie de son diocèse située en Alsace ; un second à M. 
l'abbé des Vauxpons, du 4 Février 1791, pour l'enga- 
ger à persister dans son refus del'évêché de Laval; un 
troisième a M. le cardinal de Loménie, du 23 Février 
179 1 , à l'occasion du serment qu'il avoit prêté. De- 
puis il en a écrit un quatrième , en dale du 30 Mars 
1791 , à M. Guégan, curé de Pontivy , au sujet de l'é- 
vêché de Vannes qui lui étoit offert. 

L 

Constitution du clergé en générât. 

Sous prétexte de n'établir qu'une constitution civile, 
dit le saint père , comme semble l'annoncer le titre 
spécieux des décrets, l'assemblée nationale de France 
s attribue la puissance spirituelle; elle fait une ir- 
ruption jusques dans le sanctuaire, renverse absolu- 
ment l'autorité de l'église, et anéantit tous ses droits. 

Loin d'améliorer la discipline et de la perfectionner, 
elle a renverse les dogmes les plus sacrés ei. la discipline 
la plus solemuelle de l'église. Ses décrets, contraires 
aux saints canons et à toute justice, schismatiques par 
conséquent , et frappés de nullité (l) , heurlent de 
front la religion catholique, en sappentles fondeineus, 
la dégradent', l'asservissent (2) et tendent à l'anéantir. 

Cette malheureuse constitution, dictée dans toutes 
ses parties par le même esprit et parles mêmes prin- 
cipes , présente à peine un article sain; elle n'offre 
presque rien qui ne soit dangereux et repréhensible ; 
Ce ne sont que nouveautés et erreurs dont on assiège 1-a 
foiblesse et l'ignorance; c'est une doctrine empoison- 
née; c'est tin amas et comme un extrait de plusieurs 
hérésies (3). 

(1) Bref à M. Guegan , p. 2. 

(2) Bref à M. le cardinal de Loménie , p. I. 
{3) Bref à M. le cardinal de Loménie , p. 5 • 

a 4 



( 8 ) 

Les droits du premier siège apostolique, ceux dei 
évêques , des prêtres, des ordres religieux y sont dé* 
trnits, les cérémonies 1rs plus saintes abolies , la gloire 
de la maison de Dieu et la majestédu culte avilies. 

Ce bouleversement de tant d'objets sacrés (I), ces 
pernicieuses entreprises, ce renversement des princi- 
paux points de la discipline ecclésiastique , cette sub- 
version violente des droits les plus sacrés , ont tait fré- 
mir d'horreur le chef de l'église. 

I L 

Autorité cTou est émanée la constitution du clergé. 

11 n'y a point de catholique qui puisse ignorer que 
Jesus-Chrit, eu instituant son église, a donné aux 
apôtres et à leurs successeurs, une puissance indépen- 
dante de toute autre , que tous les pères de l'église ont 
unanimement reconnue avec Osius , saint Athanase (2) 
et saint Chrisostome (3). 

Les saints conciles tiennent tous le même langage, 
«c Marsile de Padoue flatte, dit le concile de Sens as- 
semblé en 1527, avec impiété les princes de la terre , 
«nleve aux prélats toute jurisdiction extérieure , excepté 
celle que le magistrat laïc aura bien voulu leur accor- 
der.... L'abominable fureur de cet hérétique en délire 
a été réprimée par les saintes écritures, qui déclarent 
que la puissance ecclésiastique est indépendante de la 
puissance civile, qu'elle est fondée sur le droit divin, 
qui l'autorise à établir des lois pour le salut des fidè- 
les (4) ». 

Benoît XIV , écrivant aux primat, archevêques et 
évêques de Pologne , s'exprime ainsi dans sa lettre du 



(1) Bref à M. l'évêque de Basle , p. 2. 

(2) In histor. Arian. ad Monachos. 

(3) Commeut. in cap. I. ep. ad Galataa. 

(4) în collect. Labbe. Tom. 19. 



( 9 ) 

5 Mars 1755 , sur un ouvrage ayaut pour titre : Prin- 
cipes sur V essence, la distinction et les limites des deux 
puissances , dans lequel l'auteur soumet le ministère 
ecclésiastique à l'autorité temporelle , au point de sou- 
tenir que ce n'est point à elle qu'il appartient de con- 
noître et de juger du gouvernement extérieur et sensible 
de l'église. « Cet impudent écrivain , dit Benoît XIV, 
accumule d'artificieux sophismes , employé avec une 
perfidie hypocrite , le langage de la piété et de la reli- 
gion 9 donne la torture à plusieurs passages de l'écri- 
ture sainte et des pères , pour reproduire et ressusciter 
un système faux et dangereux, depuis long-tems ré- 

Î)rouvé par Peglise , expressément condamné comme 
îérétique». En conséquence ce pontife proscrivit l'ou- 
vrage comme captieux , faux, impie et hérétique (I). 

En 1560, lorsque la faculté de théologie de Paris 
examina plusieurs assertions de François Grimaudet, 
avocat du roi . parmi les propositions qu'elle crut de- 
voir censurer, on remarque la suivante : le second 
point de la religion est en la police et discipline sacerdo- 
tale , sur laquelle les rois et princes chrétiens ont puissance 
d'icelle dresser , mettre en ordre et réformer icelle corrom- 
pue. Cett* proposition , dit la faculté , estfausse , schis- 
matique, tendante à énerver la puissance spirituelle; 
elle est hérétique , et aucunes des preuves dont on l'ap- 
puie ne sont concluantes (a). 

Pierre de Marca ne convient-il pas lui-même « que 
les canons des conciles et les décrets des pontifes ro- 
mains , ont presque toujours réglé ce qui concerne les 
rits , les cérémonies , les bacremens , l'examen , les 
conditions et la discipline du clergé , parce que ce 
6ujet est de leur compétence et subordonné â leur ju- 

risdiction Dans cette partie les lois civiles ontsuivi 

et jamais précédé ». 

Tous les monarques François ont reconnu et adopté 
Cette doctrine, jusqu'à Louis XV , lequel déclaroit 



(I) Bullar. Bened. XIV , tom 4. 
(a) Collect. judic. tom. a. 



( io ) 

Boîemnellement le 10 août 17319 qu'il reconnoissoit 
n comme sou premier devoir d'empêcher qu'à l'oc- 
casion des disputes, on ne meite en question les droits 
sacrés d'une puissance qui a reçu de Dieu seul le droit 
Je décider les questions de doctrine sur la foi , ou sur 
la règle des mœurs , de faire des canons ou des règles 
de discipline pour la conduite des ministres de l'é- 
glise et des fidèles dans l'ordre de la religion , d'éta- 
blir ses ministres, ou les destituer conformément aux 
mêmes règles , etc. >>. 

La discipline a souvent, avec le dogme , une liai- 
son intime , et elle contribue par conséquent à en 
conserver la pureté. 

Les conciles ont souvent lancé la peine d'excom- 
munication contre ceux qui n'étoient coupables que 
d'iufractions coulre la discipline de l'église (i). 

L'assemblée s'est proposée pour but de faire passer 
dans sa constitution les décrets de Henri VIII , lequel 
usurpa la suprématie de l'église anglicane; autrement 
auroit-eile pu parvenir à une imitation aussi parfaite 
de ses principes et de sa conduite ; s'il s'y trouve 
quelque différence , c'est que les nouvelles entreprises 
sont encore plus pernicieuses que les anciennes. 

Ainsi , dit le saint père , le principe sur lequel 
cette constitution est fondée , ne peut être exempt de la 
note d'hérésie. 

I I I. 

Articles principaux de la constitution du clergé» 

Primauté du saint siège. Un décret formel porte que 
« le nouvel évèque ne pourra s'adresser au pape pour 
en obtenir aucune confirmation ; mais il lui écrira 
comme au chef visible de l'église uuiverselJe , en té- 



Concil. Constantinop. 692 can. 67 in collect. Labbe. 
tom. 7. concil. Trid. Sess. 13. can. 9. sess. 22* can. 7. 
sess. 24* can * 4* 9' ll * ' 



( Il ) 

moignage de l'unité de foi et de la communion qu'il 
doit entretenir avec lui. 

Comment peut-on dire que l'on conserve, que Ton 
entretient la communion avec le chef visible de l'é- 
glise , lorsqu'on se borne à lui donner avrs de son 
élection , et lorsqu'on s'engage par serment à ne point 
reconnoître l'autorité attachée a sa primauté? Lu sa 
qualité de chef, tous ses membres ne lui doivent-ils 
pas la promesse solemnelle de l'obéissance canonique * 
seule capaMe de conserver l'unité dans l'église , et 
d'empêcher que ce corps mystique établi par Jesus- 
Christ ne soit déchiré par des schismes. 

Ou prescrit une nouvelle formule de serment où le 
nom du pontife de Rome est supprimé. Voyez 
dans les antiquités ecclésiastiques de jVlartenne , la 
formule du serinent en usage pour les églises de 
France , depuis un grand nombre de siècles ; tous les 
évéques, dans la cérémonie de leur ordination, avoienfc 
coutume d'ajouter à leur profession de foi , la clause 
expresse de l'obéissance au pontife de Rome. 

C'est ainsi qu'on anéantit la puissance du souverain 

Ï)ontife , que les ruisseaux sont détournés de la source , 
es rameaux détachés de l'arbre , les peuples séparés, 
du vicaire de Jesus-Christ. 

Pie VI emprunte ici , pour déplorer les outrages 
faits à la dignité et à l'autorité pontificale , les mêmes 
expressions dont se servoit autrefois saint Grégoire-le- 
grand , pour se plaindre â l'impératrice Constantine 
des prélentions fastueuses , et des usurpations du pa- 
triarche Jean , qui s'atlribuoit le titre d'évêque uni- 
versel , et pour la prier de réformer cetter arro- 
gance. 

« Ne souffrez pas , dit-il , aux évêques de France , 
que dans ce vaste empire on avilisse la .primauté qui 
appartient au saint siège , et qu'on anéantisse les droits 
qui y sont attachés : considérez les mérites de Pierre 
dont je suis l'héritier , quoique indigne , et dont la 
grandeur doit êlre honorée jusques dans mon néant et 
dans ma bassesse. ...» Le titre usurpé par Jean étoit 



(Il ) 

un moindre attentat aux prérogatives du saint siège , 

que le décret de l'assemblée nationale. 

Autorité des évêques. On établit un conseil perma- 
manent de prêtres qui doivent porter le nom de vi- 
caires. Les uns sont déclarés vicaires de plein droit ; 
et on laisse à l'evéque le libre choix de ses autres 
vicaires. 

D'abord il est très-étrange et tout-à-fait in oui que 
les évéques soient forcés d'accepter les services des 
vicaires de plein droit , tandis qu'ils peuvent avoir 
des motifs tres-legitimes pour les rejetter. 

JVJais il est fort étonnant sur-tout que ces prêtres y 
n'étant que subsidiaires , et remplaçant dans ses fonc- 
tions , un homme qui n'est pas inhabile à les exercer 
lui-même , ils ne soient pas soumis à celui au nom 
duquel ils agissent. 

L'évêque ne peut , sans l'aveu de ses vicaires exer- 
cer aucun acte de jurisdiction , si ce n'est provisoire- 
ment ; il ne peut les destituer qu'à la pluralité dea 
suffrages de son conseil. 

Ainsi chaque diocèse sera gouverné par des prêtres 
dont l'autorité anéantira la jurisdiction de l'evéque. 

C'est contredire ouvertement la doctrine exposée 
dans les actes des apôtres (i). « Le saint esprit a éta- 
bli les évêques pour gouverner l'église que Dieu a ac- 
quise au prix de sou sang ». 

C'est troubler et renverser absolument tout l'ordre 
de la hiérarchie. 

Par-là les prêtres deviennent les égaux des évêques, 
erreur que le prêtre Aerius enseigna le premier , et 
qui fut ensuite soutenue par Viclef , Calvin , cet. (2). 

Il y a plus ; les prêtres sont au-dessus des évêques , 
puisque les évêques ne peuvent rien décider qu'à la 
pluralité des suffrages de leurs vicaires. 

Cependant les chanoines , qui forment le conseil 



(1) Cap. 20. v. 28. 

(2) Benoît XIV, de syno. dioces. lib. î3. cap, I. 



< 13 ) 

des églises, lorsqu'ils sont appelles par l'évêque , 
n'ont , dans les délibérations , que voix consultative, 
comme Benoît XIV l'affirme, d'après deux conciles 
provinciaux tenus à bordeaux (î). 

Les évêques sont chargés de droit de l'institution 
et de la discipline de ceux qui doivent être admis 
dans le diocèse , et employés au ministère. 

Cependant l'assemblée , quand il a été question de 
régler l'administration des séminaires, a décrète que 
l'évêque ne pourroit en choisir les supérieurs que 
d'après l'avis de ses vicaires , et à la pluralité des 
suffrages , et ne pourroit les destituer que de la même 
manière. 

(Quoique le concile de Trente (l) ordonne que deux 
chanoines soient chargés de surveiller l'éducation des 
jeunes clercs, il laisse néanmoins aux évêques la li- 
berté de choisir ces deux chanoines ; il ne les force 
point à adopter leurs avis et à se conformer à leurs 
décisions. 

Il est donc évident , dit Pie VI f que le but de 
l'assemblée , dans ses décrets , est de renverser et d'à-»- 
néantir l'épiscopat , comme en haine de la religion 
dont les évêques sont les ministres. 

Circonscription des diocèses» Parmi les articles de la 
constitution du clergé , un des plus repréhensibles 
est sans doute celui qui anéantit les anciennes mé- 
tropoles , supprime quelques évêché , en érige de 
nouveaux , et change toute la distribution des 
diocèses. 

La distribution du territoire fixée par le gouverne- 
ment civil n'est point la rè^le de l'étendue et des li- 
mites de la jurisdiction ecclésiastique. « Vous me 
demandez , dit Innocent 1er. (3) , si d'après la divi- 



(1) Ibidem, lib. 13. cap. 2. 

(2) Sess. 25. de refor. cap. 18. 

(J) Epist. 24 ad Alex. Antioch. cap. 3* 



( 14 ) 

6Îon des provinces établie par l'empereur, de même 
qu'il y a deux métropoles , il faut aussi nommer deux 
évéques métropolitains ; mais sachez que l'église lie 
doit point souffrir des variations que la nécessité in- 
troduit dans le gouvernement temporel , que les hon- 
neurs et les departemens ecclésiastiques sont iudé- 
pendans de ceux que l'empereur juge à propos d'é- 
tablir pour ses intérêts. Il faut par conséquent que 
le nombre des évêques métropolitains reste conforme 
à l'ancienne description des provinces ». 

Pierre de Marca (i) ajoute un grand poids à cette 
lettre , en la rapprochant de la pratique de l'église 
gallicane. « Cette église, dit-il, s'est trouvée d'ac- 
cord avec le concile de Calcédoine et le décret d'In- 
nocent ; elle a pensé que les rois n'avoient pas le droit 
d'exiger de nouveaux évéchés. ... Il ne faut pas , par 
une basse flatterie envers les princes , nous écarter 
du sentiment général de l'église universeile , comme 
il est arrivé à Marc-Antoiue de Dominis, qui , faus- 
sement et contre les canons , attribue aux rois le pou- 
voir d'ériger des évêches ; c'est une erreur embrassée 
par quelques modernes ; la vérité est que c'est à l'é- 
glise seule qu'appartient le droit de régler tout ce qui 
concerne cet article, comme je l'ai déjà dit ». 

Ce qu'on nous demande , dit le pape , c'est d'ap- 
prouver cette division des diocèses décrétée par l'as- 
semblée. Mais le principe vicieux , d'après lequel 
ces divisions et ces suppressions ont été ordonnées , 
n'est-il pas un grand obstacle au consentement que 
nous pourrions leur donner? 

Il faut d'ailleurs remarquer qu'il ne s'agit pas iei 
de quelques cîiangëinens dans un ou deux diocèses , 
mais du bouleversement universel de tous les diocèses 
d'un grand empire ; il s'agit de déplacer une foule 
d'églises illustres , de réduire les archevêques au 
*imple titre d'évêques , nouveauté expressément cou- 



^i) De concord. sacerd. et imp. 1, 1, cap. 9* 



( 15 ) 

damnée par Innocent III (I) , et Yves de Char- 
tres (2). 

Joignez à cela qu'avant de donner les mains à une 
telle opération, il faudroit consulter les évéques dont 
il s'agit d'abolir les droits ; prononcer sur leur sort 
sans les avoir entendus , ce seroit violer les loix de la 
justice. 

Il faut , pour déplacer les limites des diocèses , des 
motifs capables d'imposer aux évéques eux-mêmes , la 
nécessité d'y souscrire (3). 

Enfin , il faudroît être instruit des sentimens du 
peuple à qui l'ou veut ravir l'avantage d'être plus 
p»ès de son pasteur, et plus à portée des secours 
spirituels (4). 

Mode des élections. L'assemblée nationale a décrété 
que les évéques à l'avenir seroient élus par le peuple. 

D'abord cette forme d'élection a été établie au mé- 
pris du concordat passé entre Léon X et François pre- 
mier } ce traité mutuel et solemnel exécuté avec la 
plus grande fidélité pendant deux cent-cinquante ans , 
et qui par conséquent devoit être regardé comme une 
loi de la monarchie. 

Luther , Calvin et l'apostat de Spaîatro soutenoient 
que l'élection des évéques par le peuple étoit de droit 
divin ; et ne semble-t-il pas qu'on a voulu , par cette 
disposition , embrasser cette erreur ? 

Moïse ne conféra-t-il pas la dignité de pontife à 
Aaron et ensuite à Eléazar , sans le suffrage et le 
conseil de la multitude? 

S. Paul eut-il besoin du peuple pour placer Timo- 



(I) Ep. 50. 
(i) Ep. 238. 

(3) Bref à l'évêque de Ba«îe , p. 7. 

(4) Ces formes réclamées par le pape sont les formas 
canoniques usitées dans l'église, 



( 16 ) 

thée sur le siège épiscopal d'Eplièse , Tite sur celui 
de l'isle de Crète , et Denis d'Alexandrie sur celui de 
Corinthe ? S. Jean assembla-t-il le peuple pour créer 
Polycarpe évêque de Smyme ? 

S. Athanase déclara Frumentius évêque des Indes y 
dans une assemblée de prêtres, et à l'insçu du peuple. 
S. Bazile , sans le concours des citoyens , nomma 
Euphronius , dans un synode , à l'évêché de Nicopolis. 
Lorsque S. Grégoire II consacra S. Boniface évêque 
en Allemagne , les allemands n'en savoient rien , et 
même ne s'en doutoient pas. 

Le clergé n'a jamais perdu le droit spécial à l'élec- 
tion des évêques , qui lui a toujours appartenu , et 
jamais il n'est arrivé , comme on s'efforce aujourd'hui 
de le faire accroire au public, que le peuple seul ait 
joui du droit d'élection. 

Les troubles, les factions, les discordes éternelles, 
et une foule d'abus forcèrent d'éloigner le peuple des 
élections. <• Les jugemens du peuple , dit S. Jérôme , 
sont souvent bien faux , le vulgaire se trompe dans 
ie choix de ses prêtres ; chacun les veut conformes 
à ses mœurs. Ce n'est pas le meilleur pasteur qu'il 
cherche , mais un pasteur qui lui ressemble (i) ». 

Que dire du décret de l'assemblée nationale qui , 
excluant le clergé des élections , les livre à des dé- 
partemens dans lesquels il se trouve des juifs , des 
hérétiques , des hétérodoxes de toute espèce ? La 
grande influence de ces ennemis de la religion sur 
]e choix des pasteurs produiront cet horrible abus 
qui excitoit l'indignatiou de S. Grégoire-le-Graud ; 
non , disoit ce pontife écrivant au peuple de Milan , 
it je ne puis consentir en aucime manière à l'électioa 
«l'un sujet choisi non par des catholiques , mais par 
des lombards (l) \ ce mode d'élection donneroit à 
l'église catholique des prélats fauteurs de l'hérésie , 
des docteurs qui du moins en secret et au fonds du 



(i) Lib. I. advers. Jovin» 
<i) Ep. 4. 



( 17 ) 

cœur ndurriroient les opinions erronées des électeurs* 
Due de maux la religion n'auroit-elle pas à craindre 
de ces hommes qui , enveloppés eux-mêmes dans 
les filets de l'erreur , seroient incapables d'en garantit 
le peuple (i). 

Les évêques élus par leurs départemens ont ordre 
d'aller demander la confirmation au métropolitaiu f 
ou au plus ancien évêque ; s'il la refuse, il est obligé 
de consigner par écrit les motifs de son refus. L'élu 
peut en appeller comme d'abus devant les magistrats 
civils; ce sont eux qui décideront si l'exclusion est 
légitime. 

Aiusi ils se constitueront juges des métropolitains 
et des évêques auxquels cependant appartient de 
plein droit le pouvoir de juges des mœurs et de la 
doctrine. 

Abolition des chapitres et des ordres religieux. La Fran- 
ce pouvoit se glorifier d'avoir vu fieurir dans sou sein , 
dès le fixiême siècle , des chapitres de clercs régu- 
liers. Mais elle pleure aujourd'hui l'abolition et la 
ruine deces pieux etablissemens injustement et indigne- 
ment proscrits par l'assemblée nationale. 

La fonction principale des chanoines étoit de payer 
chaque jour un tribut commun de louanges à l'Etre-* 
Suprême par le chant des pseaumes. Rien n'étoit plu» 
propre à nourrir la piété , à exciter la dévotion des 
fidèles , et à les inviter , par l'attrait du chant et 
l'éclat des cérémonies , à remplir les devoirs de la 
religion , et à mériter par là de nouvelles grâces. 

L'assemblée a supprimé tous les ordres réguliers 5 
et défendu d'eu fonder aucun autre à l'avenir. 

Ainsi elle condamne la profession publique des con- 
seils de l'évangile , elle blâme un genre de vie tou- 
jours approuvé dans l'église, comme très - conforme 
à la doctrine des apôtres ; elle insulte les saints fon- 



(I) Damas, ep. 3. 



B 



( '8 ) 

dateurs de ces ordres à qui la religion a élevé des 
autels. 

Tous le9 pères de l'église ont comblé d'éloges les 
ordres réguliers, et S. Chrysostome , entre autres , 
a composé trois livres entiers contre leurs détrac- 
leurs. S. Grégoire-le-Graud prit hautement leur dé- 
fense. Guillaume de S. Amour , s'étatit répandu en 
invectives contre eux , son livre intitulé : Des dan~ 
gers des derniers tems , fut condamné par le pupti 
Alexandre IV. Enfin , Luther, ayant adopté la même 
doctrine , a été également condamné par le pape 
Léon X. 

Le concile de Rouen , tenu en 1581 recommande 
aux évèques de protéger , de chérir le3 réguliers qui 
partagent avec eux les fatigues du ministère (i) et 
le concile de Trente leur a rendu ce témoignage 
ic qu'il n'iguoroit pas combien de gloire et d'avan- 
tages procuroient à l'église de Dieu les monastères 
saintement institués et sagement gouvernés (2). 

Cependant de quels procèdes n'a -t -on pas usé à 
l'égard des religieux ? et n'avons-nour pas vu se ré- 
produire ce stratagème perfide et coupable quepeignoit 
avec tant d'énergie leconci-le de Sens ; ci ils accordent, 
dit-il , aux moines et à tous ceux qui sont liés par 
des vœux , la liberté de suivre leurs passions ; ils leur 
offrent la liberté de quitter leur habit , de rentrer 
dans le monde ; ils les invitent à l'apostasie, et leur 
apprennent à braver les décrets des pontifes et les 
canons des conciles (3) ». 

Que dire des persécutions qu'éprouvent les reli- 
gieuses ? On les empêche d'observer leur règle et 
d'être fidèles à leurs vœux. Mais elles ont protesté 
qu'elles étoient déterminées à tout souff rir plutôt que 
de manquer à leurs engagemens. 



(1) In collect. labbe tom. 21. 

(2) Sess. 25. de reg. cap. 1. 

(3) lu collect. labbe. tom. lo. 



( *9 > 



I V. 

Serment de maintenir la constitution. 

L'assemblée nationale , en marchant Sur les traces 
3e Henri Vill , a ordonné , comme lui , à tous le3 
évêques et les autres ecclésiastiques de prêter le ser- 
ment de maintenir ses décrets. Comme lui elle a af- 
fecté de soutenir que la formule de serment proposée 
ne renfermoit que la promesse d'une obéissance tem- 
porelle et d'une fidélité purement civile. 

Les premières qualités d'un serment sont d'être vrai 
et juste 5 mais où est la vérité , où est la justice dans 
un serment qui ne renferme rien que de faux et d'il- 
légitime 5 que rien dans la doctrine catholique ne peut 
excuser , et par lequel on s'enga^e^cà maintenir une 
doctrine empoisonnée. 

Ce serment est un parjure , il contredit d'autres ser- 
mens les plus saints et les plus solemnels (1)5 c'est 
un serment impie par, lequel on trahit la cause de 
Dieu et celle de 1 église (2). 

C'est pourquoi ce serment civique doit être regardé 
comme un parjure et un sacrilège indigne , non -seu- 
lement des ecclésiastiques , mais même d'un catho- 
lique quelconque (3). 

Non , dit le saint père au cardinal de Lomenie , 
vous ne pouviez pas imprimer un plus grand déshonneur à 
la pourpre romaine qu'en prêtant le serment civique ; 
et je me verrai , quoiqu'avec regret, forcé de vous dé- 
pouiller de la dignité du cardinal," si, par une réiracia- 
tion faite à propos , vous n'expiez le scandale que vous 
avez donné. 

On ne peut nier que l'évêque d'Autun et ceux qui 



(1) Bref au card. de Loin. p. 4- 

(2) Ihid. p. 9. 

(3) Bref du i3 avril. 



B 2 



( » ) 

f-e sont parjures & son exemple , ne se soient mis dans 
le même cas (jiie les évêques de Rimini , condamnés 
par LiberhiSj Hilaire et Damase. C'est pourquoi, s'ils 
ne réfractent pas leur serment , ils savent à quoi ils 
doivent s'attendre. Nous déployerons , pour les punir, 
toute l'autorité que nous donne l'église catholique. 

Que tous ceux qui ont fait purement et simplement 
le serment civique, s'ils ne se rétractent dans l'espace 
de quarante jours , soient suspens de l'exercice de tout 
ordre quelconque et soumis à l'irrégularité 9 s'ils en 
exercent les fonctions (i). 

V. 

Intrusion et schisme. Suites de la constitution. 

Quand une église n'est point privée légitimement de 
son pasteur , quand une élection nouvelle n'est point 
canonique , celui qui est ordonné se flétrit par un sa- 
crilège. C'est une invasion , un attentat horrible qu'il 
commet , et dont se rendent coupables ceux qui lui 
imposent les mains. 

Quelle injustice en effet de donner un pasteur à une 
église qui en a un ? Quelle hardiesse d'occuper le siège 
d'un évêque qui vit encore , et que l'on sait n'avoir 
point donné sa démission. 

Il n'est rien dont les saints canons inspirent plus 
d'horreurs , ni qu'ils défendent sous des peines plus 
rigoureuses. 

•c Aujourd'hui , dit Innocent premier , ( ep. 7. ad. 
cler. et pop. const. ) , par le plus étrange renverse- 
ment de l'ordre , nous voyons des prêtres innocens , 
chassés de leurs églises. , . . 'Quel est donc ce procédé 
barbare ? Quoi ! sans aucune forme de jugement , on 
donne des successeurs à des prêtres vivans , comme si 
des ecclésiastiques qui débutent dans le ministère sous 
de pareils auspices , et dout le premier pas est un 



(i) Bref du i3 avril. 



( 21 ) 

Crime , pouvoient être vertueux eux-mêmes , ou ins- 
pirer aux autres l'amour de la vertu 35. 

Le quatrième canon du concile de Lyon défend ex- 
pressément à qui que ce soit de s'emparer du diocèse 
d'un évêqae absent par nécessité .... et si quelqu'un 
se porte à cet excès d'audace et de témérité , il est jugé 
digue d'être privé de la communion de l'église- Rien 
n'est plus opposé à la saine doctrine que la préten- 
tion qu'auroitun évéque de pouvoir, par des actes aussi 
irréguliers , légitimer l'usurpation d'un diocèse étran- 
ger irrégulièrement remis entre ses mains par la puis- 
sance civile. 

Des élections sacrilèges , dans une forme nouvelle, 
de création illégitime , puisqu'elles seroient contraires 
à toutes les formés canoniques , donneraient à vos 
contrées non des évêques , mais des intrus (1) ? S 11 * > 
n'étant pas entrés par la véritable porte , sans mission 
légitime , sans pouvoir de lier et de délier , ne pour- 
raient exercer d'une manière légitime et valide les 
fonctions de l'épiscopat. 

Si quelque évéque ou métropolitain avoit la témé- 
rité d'instituer ces nouveaux évêques , et d'affliger 
l'église en lui donnant des ministres rebelles , alors 
je suis forcé de frapper de nullité tout acte exercé par 
les uns et par les autres (2). 

Ce défaut radical , et fondé sur la nature même de 
la chose , ne peut être couvert ni diminué dans le cas 
même où quelqu'un se chargerait du gouvernement de 
l'église , avec l'intention de la rendre au pasteur lé- 
gitime. Elle est illusoire, cette volonté , qui est anéan- 
tie par l'acte même de l'invasion (3). 

L'évêque dépouillé de sou diocèse en tout ou en 
partie , ne peut , sans y être autorisé par l'église ? 
abandonner le troupeau qui lui lui a été confié. 



(1) Bref à Pévèq. de Basle. 

(2) Bref au card. de Lom. 

(3) Bref à M, Guégaiu 



( *s ) 

Vous nous avez consulté sur le scliisme , dit le saint 
]n:re, écrivant à M. Gnégan : Eh bir>n , soyez-en per- 
suadé , si vous consentie z à votre élection , c'est alors 
que vous seriez schi asiatique comme le sont ceux qui 
ont souscrit à de pareilles élections. 

Dans ces momens périlleux , dans ces tems de crise 
où l'église et-t agitée de tant et de si vioiens orages (1) , 
le moyen d'éviter toute occasion d'erreur et de schisme, 
c'est de s'éloigner de toute nouveauté , de se réunir à 
la doctrine unanime des évêques de France et de s'at- 
tacher au saint siège apostolique , centre de l'unir 
té (2). 

Afin d'opposer (3) sans délai une digue au scliisme.... 
Adhérant aux conseils de nos vénérables frères les car- 
dinaux de la sainte église romaine par la puis- 
sance apostolique dont nous sommes revêtus. 

Nous déclarons que les élections d'Expilly , Ma- 
rolles , Saurines , Massieu , Lindet , Laurent , Hé- 
raudiu et Gobel > aux évèchés de ()uimper , Soissons, 
Acqs, Beauvais , Evreux , Moulins , Ciiàleauroux et 
Paris (4) j ont été et sont illégitimes , sacrilèges , ab- 
solument nulles 5 comme telles , nous les cassons et 
abrogeons. . . . 

Nous déclarons de même leurs consécrations crimi-. 
relies , illicites , illégitimes , sacrilèges , contraires 
aux saints canons 5 qu'en conséquence , élus téméraire- 
ment et sans aucun droit, ils n'ont point de jurisdiction 
spirituelle sur les ames 5 que consacrés illicitement , 
ils sont suspens de tout exercice de l'ordre épiscopal. 

Déclarons également suspens de tout exercice de l'or- 
dre épiscopal , Charles, évêque d'Autun , Jean-Baptiste, 
évêque de Babylone , et Jean-Joseph , évêque de Lydda, 



(1) Bref à l'év. de Basîe. 

(2) Bref au card. de Lom. 

(3) Bref du 10 avril. 

(4) Le pape n'avoit encore cor.noissance que des 
électiens faites pour remplir cas sièges. 



( *3 ) 

consécrateurs sacrilèges ou assistons 5 et suspens aussi de 
l'exercice sacerdotal, ou de tout autre ordre, toua 
ceux qui ont concouru par action, consentement oucon- 
ecil, à ces exécrables cors 'cralions. 

C'est pourquoi nous défendons et interdisons expres- 
sément audit Expilly et aux autres illégitimement élus^ 
illicitement consacrés, sous la même peine de suspense y 
d'oser s'arroger la jurisdiction épiscopale, ou, dans le 
gouvernement des ames, toute autre autorité qu'ils n'ont 
point acquise ; de donner des dimissoires pour les or- 
dres ; de constituer, députer, confirmer, sous prétexte 
même de quelque nécessité que ce soit, pour le soin 
des ames, et 1 administration des sacremens, des pas- 
teurs, des vicaires, des missionnaires, des desservans , 
des fonctionnaires ou autres ministres, sous quelque 
nom que ce soit; de rien faire , ordonner, statuer , soit 
en particulier ; soit qu'ils se réunissent en forme de 
conciliabule , dans tout ce qui a rapport au gouverne- 
ment ecclésiastique 5 déclarant et prononçant nuls et de 
mille valeurles dimissoires , députations , confirmations 
qu'ils ont eu ou auroient la témérité de donner , ou de 
faire , ainsi que tous autres actes qu'ils se seroient per- 
mis , ou se permettroient dans ce genre , et tout ce qui 
pourroit s'en suivre 

Nous statuons et déclarons que toutes les autres élec- 
tions faites ou à faire, suivant la forme de ladite cons- 
titution , par les électeurs des districts ou cépartemens 
civils, pour les églises vacantes , et bien plus encore 
non vacantes, pour les anciennes, et à plus forte rai- 
son pour celles de nouvelle érection, ont été, sont et 
seront vaines , illégitimes, sacrilèges, absolument nul- 
les ; par ces présentes, et dès à présent, pour le teuis 
où elles auroient lieu , nous les cassons et abrogeons ; 
déclarant pour cela que tous ces ecclésiastiques élus il- 
légitimement et sans droiï , et tous ceux qui pourront 
être de même élus pour les cathédrales ou les paroisses , 
n'ont aucune jurisdiction spirituelle pour le gouverne- 
ment des ames ; que les évèques consacrés jusqu à ce 
jour , lesquels nous voulons être censés nommés par ces 
présentes 9 aussi bien que tous ceux qui seront consa- 



( 24 ) 

crés dans la suite, sont et seront suspens de tout exer* 
cice de l'ordre épiscopal ; comme les eu t ' stitués ou 
à instituer avec ces nullités , sont/et seront suspens du 
ministère sacerdotal. Nous défendons expressément , 
tant aux élus et à ceux qui pourroient l'être encorepour 
l'épiscopat , de recevoir d'aucun m^ ropolitain ou évê- 
que , l'ordre ou la consécration épiscopal qu'aux faux 
évèques même , et à leurs sacrilège, co sé* itaurs et à 
tous les autres archevêques ou évèques, d jser , sous 
quelque prétexte que ce soit, consacrer r lus ou ceux 
qui le seront.... 

S'il arri voit que notre modération et nos e hortations 
paterneHes fussent inutiles , qu'ils sachent que notre 
intention n'est pas de les exempter des peints plus gra- 
ves auxquelles les canons les soumettent ; que nous 
prononcerons contre eux Pana thème , que nous les dé- 
noncerons à l'église universelle , frappé-, l'excommu- 
nication comme schismatiques , /'parés d la commu- 
nion de l'église et de la nôtre.... 

Nos chers fils , vous tous les; catholiques du royau- 
me de France, dans toute l'a' <~tion !e notre cœur, 
nous vous avertissons , nous vous conjurons u rsis- 
ter dans la religion et la foi de vos pères , de ne pas vous 
en écarter, car elle seule est cette vraie r ugion. 
qui peut vous donner le salut, qui protège et rend 

heureuses les sociétés civiles Evitez les in.t*us , 

soit qu'on les dise archevêques , soit qu'on les 
appelle évèques ou curés; évitez-les de manière à n'a- 
voir rien de commun avec eux , sur-tout dans les cho- 
ses divines et religieuses. Ecoutez assidûment la voix de 
vos pasteurs légitimes.... En un mot , attachez-vous à 
nous; car personne ne peut être à Jesus-Christ , s'il 
n'est uni à son chef risible , et fondé sur la chaire de. 
Pierre.